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Encore un petit message, mais à caractère moins personnel et qui s'adresse à celui ou ceux qui utilisent l'adresse contact de ce site pour envoyer des mails et surtout vers les pays de langue germanique (non, ce n'est pas un nouveau roman que j'écris !). Je tiens à vous faire part que j'ai contacté mon hébergeur et que j'ai déposé plainte contre X pour retrouver celui ou ceux, qui utilisent mon nom (sans verser de droits d'auteurs, et sans me faire de publicité, ou alors une mauvaise !). J'aimerais que ce site soit réservé aux amoureux de la littérature, au curieux des mots, mais pas aux escrocs. A bon entendeur, salut ! Petit message personnel à l'adresse de M devine qui sait, dont j'ai découvert l'identité, malgré l'absence d'indices très important, mais à qui je ne peux pas répondre, car l'adresse mail qu'il a créé pour rester incognito, refuse tous les messages que je lui envoie, alors je passe par le site pour lui demander, cher Nicolas, de m'envoyer ta véritable adresse mail. Edito juin 2008 : Qu’il me soit permis ce mois ci de vous faire part d’une de mes nombreuses désillusions. J’en choisis une au hasard, car je dois dire, que plus je vieillis et plus j’en dénombre ! Ne croyez pas que, pour autant, je m’aigris avec l’âge. Malgré mes déceptions, je demeure optimiste, car je considère toujours que l’Homme est libre de ses choix et qu’il finira bien, un jour, par faire le bon. Mais revenons à mon sujet, et il concerne ceux qui d’un côté nous tiennent des discours de solidarité, de partage, et de l’autre ne songent qu’à eux. Ainsi, dans le beau métier que j’exerce, en plus de l’écriture, c’est à dire celui de comédien, la solidarité est un mot que l’on aime à prononcer, mais qui reste souvent lettre(s) morte(s) –ben oui dans solidarité, il n’y a pas qu’une seule lettre ?!-. Depuis quelques années les têtes d’affiches demandent des cachets de plus en plus importants et cela se répercute sur les seconds rôles et les figurants, car les producteurs veulent bien céder aux exigences des vedettes, mais reportent cette augmentation en diminuant les salaires des employés qui ne bénéficient pas d’une notoriété médiatique –relative, surtout quand la célébrité devient une nouvelle valeur spéculative-. Je ne remets pas en cause le talent de ces artistes, mais je voudrais qu’ils prennent conscience qu’ils participent par leur attitude à ce qu’ils dénoncent –sciemment ou innocemment, cela dépend des cas-. Je ne m’éterniserai pas là-dessus et je voudrais m’adresser à vous tous, car depuis plusieurs semaines, vous êtes de plus en plus nombreux -8000 en mai, et toujours pour le roman en ligne. Je viens de dépasser le nombre de lecteurs de mon premier roman publié- à venir sur ce site et je vous en remercie, mais cela me ferait plaisir que vous m’envoyez un petit mot, en utilisant la rubrique contact et que j’en sache un peu plus sur vous. D’ailleurs, cela me permet d’expliquer, au passage, comment participer au roman en ligne, à ceux qui m’ont posé la question : Vous utilisez l’adresse mail contact pour m’envoyer vos petites histoires, car à la fin du roman en ligne –il se terminera bien un jour, rassurez moi !- je mettrai en ligne les passages qui auront retenu mon attention et je répondrai aussi à certaines questions qui m’ont été posé. Pour ce qui est du roman en ligne, il se poursuit, et le héros a tenu à philosopher –à ses risques et périls-, a voulu vivre la vie de K dans le procès un court moment et continue à nous assommer de ces réflexions –mais ne sont-ce pas aussi les miennes ?!- Alors, bonne lecture à tous et au mois prochain, pour un édito spécial festival d’Avignon, où je me produis dans deux pièces, la Leçon de Ionesco, L’Exode de Benjamin Fondane dans une adaptation d’Olivier Salazar-Ferrer, et où la Petite Fille perdue dans le placard continue à charmer les petits et les grands –pour connaître les horaires, vous reportez à la rubrique actualité-. Encore un petit mot. Soyez sympathique, n’oubliez pas de cliquer sur les bannières publicitaires avant de quitter ce site. Merci à tous. Edito mai 2008 : Je voudrais répondre à Cédric qui me reproche de ne pas parler assez littérature dans mes éditos, de ne pas donner des conseils de lecture (mais à quel titre ?!) à ceux qui viennent jeter l’ancre dans mon estuaire de pensée. Je ne suis pas critique littéraire et, je ne crois pas, comme certains qu’il existe des livres qu’il faut plus lire que d’autres (les fameux indispensables ! Les cent livres que vous devez avoir lu, si vous voulez être bien vu en société, même si de nos jours, ce n’est pas de bon ton de parler livre au cours d’une soirée !). La lecture et les livres que nous choisissons dessinent notre chemin personnel et les itinéraires que nous suivons. Notre pensée se construit au fil de ces différentes rencontres et parfois nous envoie vers un autre auteur qui lui-même nous parle d’un autre écrivain qui l’a inspiré, et ainsi de suite. Mettre des pancartes pour dire quelle voie vous devez prendre devient donc comme une volonté de dire aux lecteurs, voilà comment vous devez penser, et jamais je ne me permettrai de vous dire que vous devez absolument lire, tel ou tel livre. Je vous pousserai plutôt à la curiosité, comme j’ai essayé de le faire dans le bloc note en vous parlant de Lodge et de Murakami, ou dans l’édito en vous citant Karl Krauss, en évoquant Dos Passos ou James, mais sans pour autant vous obliger à vous jeter sur leurs ouvrages, car ce sont mes compagnons de route. Il y en a beaucoup d’autres et je ne peux pas tous les énumérer. Les livres ont aussi la capacité de nous parler à certaines époques et moins à d’autres, parce que notre pensée s’est structurée et que nous avons dépassé le discours énoncé. Ainsi, certains livres qui nous ont marqué dans notre passage à l’âge adulte, nous déçoivent parfois, quand nous les relisons quelques années plus tard, parce qu’ils ne sont plus en correspondance avec notre discours intérieur, que ce qu’ils disent nous l’avons transcendé. C’est pourquoi, la seule chose que je peux vous dire et, simplement, laissez-vous emporter par les livres qui vous attirent, sans restriction de genres, car que ce soit dans la science fiction, dans le polar, dans la biographie, les essais tout est bon en littérature (du moment qu’on ait faim de se nourrir !). Ne boudez pas votre plaisir. La seule chose que je voudrais évoquer, puisque cet édito me le permet, c’est sans doute la manière dont la littérature est abordée en université. Elle est, selon moi, à tort, restreinte à la frontière de la langue et du pays, or que serait Jacques le Fataliste sans Don Quichotte de la Mancha et Vies et Opinions de Tristram Shandy. Que serait Hamlet sans Electre, Goethe sans le romantisme de Rousseau, et tant d’autres. Car la pensée ne se limite pas à un pays et l’universalisme que nous appelons tous de nos vœux est présent dans nos têtes, depuis le jour où l’Homme s’est mis à raconter des Histoires. Le roman en ligne est encore livré en temps et en heure et ce coup ci, il vous entraîne sur la grande scène du théâtre et j’aimerais au passage remercier les auteurs qui ont participé (de manière involontaire) à cette petite pièce. Je tiens à vous remercier de votre fidélité à ce roman, puisque nous venons de dépasser les 1000 lecteurs par mois pour le roman en ligne. Alors continuez à en parler autour de vous, à le faire connaître et à le diffuser. Bonne lecture et au mois prochain. Amis lecteurs, Heureux qui comme Ulysse a lu un bon ouvrage Et referme un roman le cœur chargé d’émotion. Il s’est, sans le savoir, muni d’un nouveau bagage, D’une terre libre de toutes expressions… Alors que vos yeux s’ouvrent tout grand, Que ces pages vous offrent un peu de liberté… Que ces mots tracent un chemin où nous pouvons nous rencontrer… Le voyage ne fait que commencer… L’aventure se cache toujours derrière trois points de suspension.
N'oubliez pas de cliquer avant de quitter le site sur une publicité ! Edito avril 2008 : De la dignité et de ce qu’il en reste Ce que le cynisme de ce monde a réussi à nous enlever, c’est avant tout notre dignité. Cette corruption de nos valeurs, réalisée de manière subtile et sournoise, nous ne nous en apercevons même pas. Il faut dire que la malignité de ceux qui en usent est d’agiter devant nous des drapeaux d’indignation, des étendards de colère qui nous aveuglent sur notre propre condition. Ce que ce cynisme exploite à merveille, c’est la misère. Il l’éduque et apprend aux pauvres comment creuser la tombe, dans laquelle ils finiront. Il a mis pour cela en place des mécanismes subtils et prêchent des croyances qui agissent sur tous ceux qui les écoutent. C’est ainsi que les hypermarchés, ces chantres de la consommation appâtent les plus démunis avec des prix qui leurs permettront de maintenir leur pouvoir d’achat, quitte à leurs offrir des crédits qui les entraîneront encore plus dans la spirale de la pauvreté et, pour leurs garantir des prix toujours plus bas, ils cherchent à payer les produits affichés à moindre coût. Il faut donc exploiter, ailleurs, là où la main d’œuvre est moins chère, l’humain et sa misère et, dans un même temps augmenter la précarité au pays des consommateurs.Car ne nous y trompons pas, sous le prétexte de défendre le pouvoir d’achat du consommateur, la grande distribution détruit le tissu économique pour étendre son pouvoir et augmenter ses profits. Dans la région où j’habite, cela devient de plus en plus flagrant, puisque de nombreux agriculteurs délaissent leurs exploitations, jugeant celles-ci plus assez rentables. Fin septembre, je discutais avec un paysan qui laissait pourrir les pommes sur l’arbre, et lorsque je lui demandais pourquoi il ne les cueillait pas, il me répondit que cela lui coûtait plus cher de les ramasser que de les laisser moisir. Lorsqu’il me dit le prix qu’il en demandait au kilo, je trouvais cela dérisoire, mais même à ce prix là, il n’était pas compétitif, par rapport aux pommes venant d’Afrique du Sud. Parmi les livres qui s’entassaient sur ma table de chevet, se trouvait celui de Jean-Marie Albertini « les mécanismes du sous développement » qui montrait déjà ce que le documentaire « Le cauchemar de Darwin » révélait, c'est-à-dire que nous appauvrissons les pays sous développés en leur demandant de nous fournir en denrées alimentaires. Ce qui devient inquiétant aujourd’hui, c’est que nous continuons à piller d’un côté et, hypocrites comme le sont les multinationales, elles compensent cela par des actions humanitaires, et de l’autre que nous délaissons notre propre culture de l’autre et risquons de devenir dépendants.Certes, quand nous achetons dans un grand centre commercial, nous pensons faire une bonne affaire, mais en fin de compte nous contribuons à une double misère, celle des hommes qui pour des salaires de misère ramassent ces fruits et légumes, et celles des emplois que nous supprimons sur notre propre territoire. Les émeutes de la faim, nous ouvriront-elles les yeux ? Je l’espère. Avoir conscience des répercussions de nos gestes les plus anodins, demeurer éveillés, c’est sans doute là que réside notre dignité.Le Roman en ligne continue dans sa réunion extraordinaire et, je félicite tous ceux qui ont trouvé la bonne réponse. Par contre ceux qui ont dit que c’était l’auteur, mérite un blâme, car enfin il est clair qu’il n’a pas encore le courage d’affronter ses personnages !Au mois prochain et bonne lecture à vous.Edito mars 2008 : Si nous devons enseigner l’histoire ce n’est pas avec la volonté de juger, mais de comprendre notre passé. Cette démarche d’analyser sans honte et sans lâcheté le comportement de nos ainés reste le meilleur moyen pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Etudier les faits pour accuser les peuples revient à réduire l’histoire à une sentence et non à un apprentissage de l’Homme, car voilà bien le rôle de l’histoire, participer à l’évolution intellectuel de l’humanité. Notre république demeure souvent silencieuse face à l’épineuse période de Vichy et, si parfois elle a voulu minimiser le rôle de ce gouvernement, en le disant soumis au joug allemand, elle doit admettre que cette théorie s’effrite au regard de la réalité, ne serait-ce que l’épisode de la déportation des juifs de Nice, demandée par l’administration française à l’administration allemande, et passant outre du refus de celle-ci, décidant, certains historiens diront pour faire plaisir à l’occupant, de lancer les arrestations.Ce silence est un préjudice à l’égard de notre démocratie et la fragilise. J’ai posé à cet égard plusieurs questions à Eric Freedman, conseiller européen, sur la période de Vichy qu’il connait bien.La période de Vichy est-une des plus troubles, sur laquelle nos politiciens n'aiment pas trop revenir. Pourquoi cette attitude ?- Pour garder, même 60 ans après, une France « unie » et non pas divisée.De nombreux décrets ont été pris au cours de cette période par le gouvernement de vichy, mais ceux-ci n'ont jamais été légiférés, pourquoi ?- Malgré le discours de De Gaulle (Strasbourg, octobre 1944) sur « Vichy nul et non avenu », il y a eu maintien des lois et décrets non raciaux ou discriminatoires, pour des raisons purement « technocratiques », pratiques et administratives, étant donné le peu de technocrates dans la France Libre et la pléthore parmi les anciens fonctionnaires de Vichy.Depuis les gouvernements successifs ne sont pas revenus sur ces décrets, pourquoi et cela n'entraîne-t-il pas un problème de légalité ?- Ces décrets se trouvent intégrés dans tous les codes de lois (par ex Dalloz) et n’entraînent aucun problème d’application, leur illégalité constitutionnelle n’est jamais relevée, encore une fois pour des raisons d’état (« Realpolitik ») et pour préserver l’unité du pays.La charte qui régit la SNCF et la RATP date de cette période, et ni les gouvernants, ni les syndicats n'en parlent, pourquoi ?- Parce que cela convient à tout le monde, même si légalement la Charte est caduque.Que faudrait-il faire pour que la France redevienne un état de droit? - Intégrer par un vote parlementaire les lois et les décrets entre 1940 et 1944 considérés comme utiles et nécessaires, ou les abolir. Ce qui m’a le plus troublé au cours de cet entretien, c’est d’apprendre que l’ordre des médecins, des avocats et bien d’autres ordres n’avaient aucune légitimité, ce qui compromet encore aujourd’hui chacune de leurs décisions qui peuvent être invalidées du fait de cette illégitimité. Ils ont été créés dans le but de répertorier les Juifs et ainsi de faciliter leur déportation. En allant plus loin, que se passerait-il, si tous ceux qui ont eu des amendes de la SNCF et de la RATP réclamaient le remboursement de celles-ci, ce qu’ils sont en droit de faire, puisque la charte de ces deux entreprises n’a aucune légalité. Cela pousserait sans doute nos gouvernants à s’attaquer aux dérives de cette période.Il est troublant qu’une démocratie puisse continuer sans rectifier ses erreurs et accepte de vivre dans l’illégalité.Loin de toutes ses préoccupations qui je l’espère vous feront réagir, le roman en ligne continue son avancée et mon personnage fait encore des siennes (il me le reprochera à un moment ou à un autre) et convoque tous les personnages secondaires pour une rencontre inédite dans la littérature, avec en tête, une Cléopâtre qui refuse de demeurer dans l’ombre.Au mois prochain et bonne lecture à vous. Edito février 2008 :
Eloge à l’attention des lecteurs (il n’y a pas de mal à flatter ceux qui vous lisent !) Ne voyez aucun mépris dans ce titre, et pour ce qui est de la touche d’humour, elle n’est là que pour signifier l’embarras d’un auteur de s’adresser à des inconnus, car pour un écrivain, il est difficile de rencontrer son public, encore plus lorsqu’il décide de publier un roman en ligne, ce qui ne lui permet pas de participer au salon du livre, à moins que d’ici peu, des petits malins organisent le festival des livres en ligne. J’ai déjà participé à des salons, mais comme c’était au tout début, à part quelques badauds qui en avaient assez de faire la queue au stand Gallimard pour obtenir la signature d’un d’Ormesson ou d’un Pennac, rares étaient ceux qui s’attardaient au stand des éditions Acoria, mon tout premier éditeur, un escroc, mais sympathique et qui ne m’a jamais versé mes droits d’auteurs. Je ne lui en veux pas pour cet oubli, car il y avait une relation humaine qui compensait cette perte. Tel n’est pas le cas de celle qui a publié le texte « La dernière nuit d’un(e) condamné(e) à vivre, car elle non plus ne verse pas les droits d’auteur (qui, je vous rassure, dans son cas, doit juste me permettre d’acheter un timbre et encore si je choisis l’envoi en classe économique !), et elle ne comble pas ce déficit par un rapport amical. Les visiteurs curieux s’approchaient, avec une certaine hésitation, car après tout, à part mon nom écrit sur un carton qui n’évoquait rien pour eux, ils ignoraient à qui ils avaient à faire. Derrière cette barrière (entendez par là une petite table en bois), se tenait peut-être un écrivain féroce, aux mots acérés, prêt à déchiqueter les yeux de ses proies prises aux pièges de ses phrases. Certains s’aventurèrent et, du fait qu’ils ne se bousculaient pas devant ma cage, je pus discuter avec eux et dédicacer l’ouvrage en fonction des propos échangés. Je ne me contentais pas du traditionnel « Amicalement » écrit à la chaîne (que j’avais obtenu d’un auteur qui n’avait même pas levé la tête pour voir à quoi je ressemblais), mais m’amusai à personnaliser chaque signature.Pour en revenir aux lecteurs, tous les auteurs se sont penchés sur ce troisième œil et parmi toutes les citations qui lui sont consacrées je rappellerai celle de Proust : « En réalité, chaque lecteur, quand il lit, est le propre lecteur de soi-même. », celle de Somerset Maugham : « Est plausible ce que vous parvenez à faire avaler à vos lecteurs. », et enfin celle du père de Tristram Shandy, Laurence Sterne : « les meilleures preuves de respect qu’on puisse donner à l’intelligence du lecteur, c’est de lui laisser quelque chose à penser. », adage auquel j’adhère.Pur autant, jamais aucun n’est parvenu à cerner cet inconnu, car il offre tant de visages, que le réduire en un seul serait une aberration. Alors voilà, à vous tous, illustres inconnus que j’espère croiser un jour, vous sans qui la magie des livres n’opéreraient pas, ce petit éloge en guise de remerciement.Dans le roman en ligne vous lirez la suite et fin des aventures du Comte Tepes et, je sais j’avais promis de nouveaux textes de théâtre pour janvier et, ils n’ont pas encore été mis en ligne, mais ce sera chose faite en février. Tous les textes mis en ligne sont déposés à la SACD et garnissent déjà la bibliothèque de cette institution.Au mois prochain, où vous découvrirez une interview qui je vous assure vaudra que vous y prêtiez attention. Edito janvier 2008 :
Voici le moment solennel où l’Homme devant son miroir se regarde pour savoir où il en est. Il jette un œil, s’observe sous toutes les coutures et dresse le bilan de l’année écoulée. Selon l’heure à laquelle il se soumet à cette épreuve, elle peut se montrer cruelle. Si cette introspection se déroule à sept heures du matin, les yeux éclatés de fatigue, les cernes descendant jusqu’au milieu du visage, l’Homme se sentira démoralisé et sa première résolution sera d’éclaircir sa situation ! Si au contraire elle a lieu au moment où son visage respire la fraîcheur, ou le regard brille de l’intelligence du cruciverbiste heureux d’avoir résolu l’énigme du douze horizontal, il sera confiant en son devenir. Ainsi finit et commence un nouveau cycle, avec son cortège de résolutions dont laplupart ne passeront pas l’hiver. Je ne sais pas quelles sont les vôtres, mais les miennes concernent plus ce qui vaadvenir de ce monde, de ce que je peux améliorer en moi (il y a trop de choses à changer et je ne sais pas par où commencer !). Depuis que je suis père, je me sens plus impliqué dans la réalité que je peux offrir àmes enfants et, je n’ai pas envie de ne penser qu’à mon confort, qu’à ma petite existence en oubliant que d’autres viendront après moi. C’est un peu, comme quand vous quittez un appartement. Certains vous le laissent dans un état pitoyable et d’autres, au contraire, l’ont bien entretenu. Je comprends qu’une génération qui a connu la guerre ait eu envie d’oublier les années noires, vivent dans l’insouciance, mais je ne conçois pas que les politiques n’aient pas conscience que leur pouvoir est éphémère et que leur rôle sert avant tout à humaniser notre société. Dans le contexte actuel, je crains que ceux qui gouvernent le monde, et devant la raréfaction des matières premières, aient mis au point une nouvelle politique qui a pour but, non pas d’éliminer la misère, mais ceux qui vivent dans la précarité. Il n’est d’ailleurs pas inutile dans cette période de relire le texte de Swift « Modeste proposition concernant les enfants des classes pauvres ou comment soulager leurs parents et la nation de la charge qu’ils représentent – comment les utiliser pour le bien public », car à bien y regarder, nos gouvernants chercheraient à faire de nos enfants de la chair à canon, qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Lorsque l’éducation n’est pas une priorité, que la culture est abandonnée et que le pouvoir méprise l’intelligence, cela manifeste un désir de faire de nos têtes blondes (ou brunes, ou rousses) des petits soldats. Ma résolution est donc de demeurer vigilant par rapport à cette dérive (peut-on parler de dérive lorsqu’il s’agit de choix politique) et de donner à mes enfants un monde en parfait état de marche. Bonne année à vous tous. Le roman en ligne continue sa progression et vous allez, lecteurs assidus, en connaître un peu plus sur le Tokay (d’ailleurs si l’un de vous peut m’envoyer une bouteille de ce vin Hongrois, je l’en remercie à l’avance !), connaître les Arcanes du milieu littéraire et croiser un vampire. Au mois prochain et, dans le cours du mois, vous découvrirez des pièces dans leur intégralité. Continuez à cliquer sur les publicités avant de sortir de ce labyrinthe de l’esprit ! Edito décembre 2007 :
Dans le recueil de Dezsö Kosztolanyi « Le traducteur cleptomane » se trouve une nouvelle « la ville franche », dans laquelle l’auteur imagine une cité où l’on dit toujours la vérité. Ainsi le journal Le Mercenaire affiche à la une de son quotidien : « Chaque ligne de ce journal est payée. Nous dépendons du gouvernement quel qu’il soit, nous n’écrivons jamais notre propre opinion, sauf quand nous y contraint le plus sordide esprit de lucre (…) » En commençant l’édito de la sorte, je crains que vous vous imaginiez que je vais m’attaquer à la presse et aux journalistes de plus en plus dénoncés par la plupart des citoyens qui ne croient plus en ce qu’ils écrivent. Mais non, car les pigistes sont les victimes de leur direction, et il faut mieux accuser les dirigeants que les journalistes. J’ai pris cette nouvelle d’abord pour vous donner envie de la lire et ensuite pour déposez une petite vérité aux pieds du sapin. La première concerne les retraites et sur le slogan qui sert à mieux nous faire accepter le fait que nous devrons cotiser plus longtemps (pour ma part, j’ai peur de ne pas atteindre les annuités nécessaires pour en profiter !), à savoir que notre durée de vie augmente. C’était vrai, mais ce ne l’est plus, et tous les scientifiques s’accordent à dire que dans les dix années qui viennent nous allons perdre sept ans sur le chiffre actuel. Nos conditions de vie se sont détériorées et nous nous appauvrissons. Nous voyons même réapparaître des maladies que nous pensions avoir éradiquées. Il y a aussi un rajeunissement des maladies, des crises cardiaques en passant par Alzheimer, qui atteignent la population de plus en plus tôt, et que dire des comas éthyliques dés onze ans. Je m’étonne que les commentateurs politiques ne parlent pas de tout ceci, comme si leur rôle était de nous faire accepter les lois, sans apporter de contradiction. Comment préserver une démocratie quand on occulte le contrepoint, lorsqu’on ne créé pas d’opposition. Je n’admets pas les discours où les économistes nous disent qu’il n’existe pas d’alternative. L’absence d’alternative implique que nous quittons la démocratie pour entrer dans une économie totalitaire. Devons-nous tolérer cette forme de dictature ou sommes-nous encore capables de rêver notre société ? Je vous laisse, en vous souhaitant de bonnes fêtes et à l’année prochaine. Edito novembre 2007 : Lorsque je lis les rapports alarmants de nos experts sur l’état de notre planète, je ne peux m’empêcher de penser à cet ingénieur à la retraite que j’ai croisé, il y a peu et avec qui j’ai longuement discuté sur l’énergie solaire. Au milieu des années soixante-dix, je me rappelle les dessins de Reiser qui annonçaient l’arrivée imminente de cette nouvelle énergie qui allait révolutionner nos vies, et trente après, qu’en est-il ? Comme beaucoup de révolutions prédites, celle de l’énergie tarde à se déclarer, et pourtant comme me le confiait ce retraité, un peu dégoûté, nous sommes prêts depuis longtemps « mais quel intérêt d’offrir aux gens une énergie gratuite ? ». Dans les années soixante, Mercédès mit au point un moteur à hydrogène, mais sa fabrication fut abandonnée, car cela aurait ruiné des groupes industriels et ralentit l’activité pétrolière. Aujourd’hui, le moteur à air comprimé (non polluant)) est développé au stade embryonnaire, et les constructeurs automobiles ne se pressent pas pour en accélérer le processus. Dans le même ordre d’idées, de nombreux brevets d’ingénieurs ont dans ces dernières décennies étaient achetés, pour en interdire l’exploitation, toujours avec le même motif économique, car il faut bien se rendre à l’évidence que tant que l’intérêt collectif nuira aux puissances financières, sa progression sera freinée. Ce préambule vient en réaction à une publicité, dont les industriels avec cynisme abusent, qui dénonçait l’attitude du citoyen dans son comportement quotidien et le rendait responsable de la dégradation de notre environnement. Sans nous exonérer, car nous participons (de manière passive) à la pollution, s’il faut établir une culpabilité, il paraît clair que celle-ci est plus l’œuvre de ceux qui décident des choix énergétiques que de ceux qui les utilisent. En 1857, aux Etats-Unis, naissait Thorstein Veblen, un économiste dont la pensée mérite d’être méditée dans notre contexte actuel. Pour sa biographie, je vous renvoie au dernier volet de la trilogie USA « la grosse galette » de John Dos Passos, qui dresse un portrait simple et efficace de cet homme à la vie assez agitée. Pour Veblen la richesse est devenue le moyen de différenciation des classes sociales, et l’excès de l’industrialisation n’a pour but que d’accroitre le fossé entre les plus aisés et les plus pauvres. Il n’y a pas pour motivation de répondre à un besoin matériel en produisant à outrance, au-delà du raisonnable, mais de créer une « distinction provocante », entre les propriétaires des grands groupes et leurs employés. C’est pourquoi Veblen désirait que des ingénieurs et non les propriétaires soient à la tête des grandes entreprises, pour équilibrer le rapport entre celui qui possède et celui qui fabrique. Pour lui la production devait répondre aux « fins utiles », ceux qui permettent d’assouvir les besoins concrets de l’existence et qu’il fallait éviter le surcroit de production qui amène un gaspillage, responsable de la sur-pollution actuelle. Mais le cynisme l’a emporté sur la raison, et comme nous assistons au mépris de l’intelligence, je ne suis pas sûr que nous nous en sortions ! Sur cet optimisme, je vous confie comme chaque mois la lecture du roman en ligne (livré en temps et en heure)… Et encore merci de votre fidélité… N’hésitez pas à faire connaître ce site, et pour que celui-ci puisse grandir, cliquez sur un panneau publicitaire. (quel cynisme de ma part !) Edito du mois d’Octobre 2007 Karl Kraus écrivait : « Dans les costumes des pères se taillent les complexes des fils ». A cet aphorisme de l’écrivain autrichien, j’ajouterai ce sentiment exprimé par Bernard Schlink dans la nouvelle « la circoncision » extraite de « amours en fuite », ou une juive New-Yorkaise est gênée par les origines Allemandes de son jeune amoureux, et lui demande de répondre des atrocités commises par les générations antérieures. Tout ceci pour en venir à cette idée de culpabilité que nous faisons peser consciemment ou inconsciemment (je ne saurai le dire) sur la tête de nos enfants, comme s’ils devaient excuser nos fautes, ou pire, les expier. Or nous le savons bien, ils ne sont pas responsables des crimes commis par leurs parents, voire grands parents et plus. Malgré cela, nous ne pouvons nous empêcher de semer cette graine qui viendra nourrir les angoisses de cette nouvelle génération. Sans doute parce qu’il est difficile d’établir une frontière entre le devoir de mémoire et la responsabilité collective. Combien faut-il de générations pour effacer ce sentiment, et pendant combien d’années des adolescents voyageant à l’étranger devront-ils se voir soupçonner d’être complices de ce qui s’est passé bien avant leur naissance ? L’histoire n’est pas faîte pour juger, mais pour nous enseigner, et nous aider à comprendre des mécanismes qui peuvent voir le jour sur notre propre territoire. Ce qui rend l’Homme meilleur, ce n’est pas ce qu’il dénonce, mais ce qu’il acquiert. Aussi est-il autant nécessaire de reconnaître un génocide, que de lui donner une valeur universelle, plutôt que de le circonscrire à un état. Sinon, le roman en ligne progresse encore ce mois ci, et il prend une tournure à chaque fois plus inattendu pour moi. J’attends vos messages, et je suis toujours heureux de pouvoir vous répondre. Au 14 novembre pour un nouvel édito. Yves Sauton |